Science économique
Propositions premières

Chapitre 9 - Le salaire

9.2. L’état de salarié n’est pas économiquement défini par un lien de subordination.

1. Le salariat a historiquement comporté une subordination de l’employé à l’employeur.

Mais l’histoire est une chose ; la logique de l’échange marchand en est une autre.

2. Un salarié est tenu d’obéir à des ordres de son employeur qui est économiquement son client.

Ou bien ces ordres sont de même nature que ceux passés par un client à un fournisseur, ou bien ils sont assortis d’injonctions d’une autre nature. Ces injonctions se font par-dessus le marché.

3. Le contrat de travail a pour objet la fourniture d’une prestation en échange d’un salaire.

Cela reste vrai quand l’employeur est une administration publique. Un fonctionnaire est, en sa qualité de salarié, un marchand qui vend à son employeur le produit de son travail. Tout autre employé à titre lucratif est dans la même position.

4. Faire du lien de subordination le critère de l’état de salarié a des conséquences fâcheuses.

Le marché du travail s’en trouve divisé en catégories qui relèvent de régimes différents. Des distorsions de concurrence, des inégalités injustifiées et une foison de complications administratives en résultent. On doit se demander si un marché du travail tout à fait décloisonné est l’une des caractéristiques d’une économie désidéologisée.

5. Le marché du travail est mieux organisé si toutes les rémunérations du travail y sont aisément comparables.

Actuellement et notamment en France, ce n’est même pas le cas pour tous les emplois régis selon le droit par un lien de subordination. Cela l’est encore moins quand la comparaison est étendue aux autres rémunérations du travail, comme celles des professions libérales et des autoentrepreneurs, par exemple.