Science économique
Propositions premières

Chapitre 9 - Le salaire

9.5. Rendre les salaires comparables au sein d’un pays améliore le fonctionnement du marché de l’emploi.

1. Les comparaisons de revenus nécessitent l’emploi d’unités de temps.

Les revenus de placement se comparent entre eux sur des périodes de même durée. Il en va de même des revenus du travail entre eux.

2. La durée sur laquelle tous les revenus du travail sont le plus exactement comparables entre eux est l’heure.

Tout salaire est en échange d’un ouvrage mais tout ouvrage échangeable contre un salaire est obtenu au moyen d’un temps de travail – d’un temps consacré par le travailleur à cet ouvrage. Cela a pour effet d’entraîner l’existence de fait de salaires horaires, pour les uns effectifs et pour les autres maximaux (voir ci-après).

3. L’heure de travail est une unité d’œuvre et non pas l’œuvre elle-même.

Cela vaut pour tout travail humain, que celui qui l’accomplit en tire ou non un revenu.

4. Les salaires horaires sont pour les uns effectifs.

Un cas de salaire horaire effectif est celui pour lequel les bulletins de paie sont établis sur la base d’un nombre variable d’heures ouvrées. Un autre cas de salaire horaire effectif est celui pour lequel les bulletins de paie sont établis sur la base d’un forfait mensuel, moyennant une durée effective de travail à laquelle le salarié et l’employeur se tiennent. Le salaire horaire effectif est alors égal au forfait divisé par la durée de travail.

5. Les salaires horaires sont pour les autres maximaux.

Dans d’autres cas, le salaire porté sur les bulletins de paie est également un forfait, mais moyennant une durée minimale de travail. Le salaire horaire maximal est alors égal au forfait divisé par la durée minimale.

6. C’est fréquemment par des grandeurs annuelles que les salaires horaires sont le plus exactement calculés.

Un treizième mois ou plus, un intéressement annuel ou semestriel aux résultats, de même que des primes, font du salaire mensuel brut (cotisations patronales incluses tant qu’il y en a) un numérateur incomplet de calcul du salaire horaire.

7. La différence entre les salaires bruts et nets disparaît quand c’est sur le compte courant du salarié que sont prélevées les cotisations qui la constituaient.

Cette solution n’est plus administrativement impraticable, bien qu’elle ne puisse sans doute être mise en place que par étapes.

8. La publicité des salaires horaires et de coefficients d’écart entre eux améliore le fonctionnement du marché de l’emploi.

Les coefficients d’écart de salaires horaires, tant effectifs que maximaux, qui se prêtent le mieux aux utilisations qui peuvent en être faites sont ceux qui ont pour base le salaire horaire minimum légal. Leur publicité, conjointement à celle des salaires horaires, améliore le fonctionnement du marché de l’emploi pour la simple raison que les négociations et les autres débats sur les salaires se déroulent en meilleure connaissance de cause.

9. Un salaire horaire minimum légal étalonne la comparaison des salaires.

Cette considération serait suffisante si elle était la seule en faveur de l’instauration, pays par pays, d’un salaire horaire minimum légal. Mais ce minimum joue mal sa fonction d’étalonnage quand seuls les salaires les plus bas sont exprimés à l’heure.

10. La proposition suivante attire l'attention sur le fait que les écarts de salaires horaires règlent la répartition du revenu total du travail.

Cette loi économique, qui est l’une des plus fondamentales, renforce la nécessité d’un salaire horaire minimum légal. Pays par pays, le corps social désire un changement ou un maintien de l’écart entre les plus hauts et les plus bas salaires. Selon ce qu'il en est, l’augmentation du salaire minimum devient un plafond, un plancher ou un standard d’augmentation pour la masse des autres rémunérations du travail.