Science économique
Propositions premières

Chapitre 6 - Le profit

6.4. Le profit est une nécessité objective.

1. En économie définie, le sous-ensemble des services et des échanges dits marchands est le même que le sous-ensemble des services et des échanges dits économiques.

Les actes marchands n’en sont pas moins un sous-ensemble des actes économiques. Par définition, aucun transfert économique n’est un acte marchand.

2. Le profit rend marchand le service de la mise en capital.

Comme le service du travail et le salaire, un placement en crédit et l’intérêt qu’il rapporte sont les deux termes d’un échange marchand. Un placement en capital ou quasi-capital et le profit qu’il est susceptible de rapporter sont pareillement les deux termes d’un échange marchand.

3. La nécessité du profit découle de celle du capital.

De l’épargne placée en capital est nécessaire à la création et au développement d’entreprises viables et autonomes, condition nécessaire à l’élévation de ce qu’on a coutume d’appeler « le niveau de vie ». Qui est opposé au principe même du profit n’est conséquent que s’il l’est aussi au principe de l’intérêt et à celui du salaire, puisque les trois répondent à la même nécessité : rémunérer des prestations de service utiles.

4. Les pertes réduisent le capital et le manque de profit bloque une dynamique.

Des pertes au lieu de bénéfices réduisent le capital, jusqu’à le rendre de plus en plus négatif. De trop faibles bénéfices compromettent la rémunération suffisante du capital. La dynamique alors bloquée est celle qui permet à l’entreprise d’adapter ses offres aux transformations incessantes des techniques et des débouchés.

5. Assez de bénéfice est la contrainte que l’objectivité économique oblige à rendre la plus omniprésente en gestion d’entreprise.

Du bénéfice à hauteur suffisante, et partant du profit de même, est une contrainte vitale à laquelle l’entreprise est soumise, indépendamment de la psychologie de qui que ce soit.

6. Une entreprise n’est pas économiquement propriétaire de ses bénéfices.

Pour ce qui en reste après intéressement du personnel, les bénéfices d'une entreprise appartiennent à qui lui fournit son capital. Voir dans le bénéfice ou la perte d’une entreprise une différence de même nature que celle entre les produits et les charges d’un ménage ou d’une association non commerciale est une erreur d’analyse économique.