Science économique
Propositions premières

Chapitre 2 - La marchandise

2.7. Les moyens élémentaires de toute production humaine sont du savoir accumulé, des ressources naturelles, du travail nouveau.

1. Les techniques et les théories enseignées aux apprentis sont du savoir accumulé.

En plus des savoirs et savoir-faire nouveaux, des anciens tombent en désuétude et sont parfois redécouverts plusieurs générations après. Toutes les théories sont des moyens de production. Qu’une théorie soit plus radicalement fausse que vraie n’y change rien. Les théories économiques ou prétendues telles ne font pas exception. Que ces dernières puissent être, elles aussi, à l’origine d’altération des pratiques, est on ne peut plus normal. Il semble même qu’il faille aller plus loin. La succession de plusieurs modes de management et courants de pensée économique, en l’espace d’une génération ou deux, n’est-elle pas souvent davantage le produit d’une incapacité persistante que d’une véritable innovation ?

2. Les ressources naturelles exploitées par l’homme lui procurent de l’énergie et des matériaux.

Par la dépense de sa propre énergie physique et mentale, l’homme tire du rayonnement solaire, de la flore, des terres arables, de la faune, de sous-sols, du vent et de l’eau de l’énergie et des matériaux. Il faut à tous les vivants consommer de manière incessante de ressources naturelles pour continuer à vivre et, dans le cas de l’homme, à modifier ses conditions de vie.

3. Au musée des ressources naturelles fameuses dans l’histoire de la pensée économique, il y a entre autres l’air, l’eau et le diamant, l’or.

L’air à cause de sa gratuité, dans les circonstances ordinaires, alors que son utilité est vitale. L’eau potable et le diamant à cause de la moindre cherté de l’eau, alors que son utilité est vitaleet que celle du diamant en tant que parure ne l’est pas. L’or à cause de ce qu’a été son utilisation monétaire, en matière d’étalonnage, en raison de son propre prix, de toutes les autres valeurs d’échange marchand. Ce n’est pas pour autant que l’air, l’eau, le diamant et l’or sont en eux-mêmes de la marchandise.

4. Qui dit travail nouveau des hommes, dit nouvelle dépense d’énergie humaine.

Dans la vie quotidienne, le travail est opposé aux loisirs. C’est inévitable. Cela ne doit cependant pas faire illusion. Les activités de loisir nécessitent aussi du travail, en tant que dépense d’énergie et exposition à la fatigue de ceux qui s’y livrent. Et même dormir, c’est en ce sens du travail ! Souvent le résultat des activités de loisir n’est pas seulement l’agrément qu’elles procurent. Des services et des biens y sont produits, sans entrer dans le circuit économique dès lors qu’ils ne sont ni mis en vente ni donnés, ni volés.