Science économique
Propositions premières

Chapitre 2 - La marchandise

Considérons, dans les échanges économiques, les termes autres que des quantités de monnaie. Les appeler de façon générique « marchandises » aide à mieux sérier la réalité instaurée par la pratique de cette sorte d’échange social. Mais c’est à deux conditions :

● Les propriétés qui déterminent l’appartenance d’un terme d’échange à l’ensemble des marchandises doivent être complètement inventoriées.

● La division de cet ensemble en sous-ensembles doit être assez poussée pour que tous les échanges économiques s’y trouvent répertoriées dans des catégories factuellement homogèness.

Remplir ces conditions se révèle moins abstrait qu’on peut le redouter. Les échanges économiques sont dans nos vies des réalités concrètes.

Remplir ces conditions se révèle aussi plus nécessaire que cela n’apparaît au premier abord. L’aptitude de la théorie économique à franchir le seuil d’une science exacte se joue avant tout dans ses commencements logiques. Si ces derniers font l’impasse sur des distinctions et des relations que les faits établissent, nous construisons notre conception de l’économie sur des dénis de réalité et des raisonnements fallacieux. Nous nous préparons alors mal à extraire de notions qui nous sont familières des concepts qui résistent aux dévoiements que nos sentiments nous susurrent.

Reconnaître la réalité de la division de l’ensemble des services et des biens commerçables, ou marchandises, constitue un préalable indispensable. Une théorisation de la cherté qui ne prend pas appui sur un tel préalable ne peut, en effet, qu’être au moins en partie imaginaire. Or, bien évidemment, plus la théorisation qui guide le choix d’une politique économique est erronée et moins cette politique se révèle adéquate une fois mise en œuvre.