Science économique
Propositions premières

Chapitre 5 - Le capital

En science et en politique économiques, l’utilisation dans plusieurs acceptions du substantif « capital » – le capital, un capital, du capital – présente à première vue peu d’inconvénients. En y regardant de plus près, l’emploi de ce substantif dans un sens univoque fait progresser.

Le capital dont la proportion contribue beaucoup à rendre une entreprise plus ou moins vulnérable joue évidemment un grand rôle. Toutefois, les deux sortes de placement en capital social, selon que les parts de ce dernier sont négociables ou restituables, sont encore loin d'être systématiquement différenciées.

Le plein-emploi et l’évitement de crises financières dépendent plus que de toute autre grandeur du capital en tant que financement permanent d’entreprise. Pour autant, l'organisation de l’économie de marché ne comporte pas encore les compléments au système des poids et mesures sans lesquels les placements dans ce financement restent amputés d’une trop grande partie de leurs pouvoirs régulateurs et émancipateurs.

Je comprends que cette affirmation laisse sceptique. Le capitalisme, une fois idéologisé par les arguments croisés de ses thuriféraires et dénonciateurs, détourne du repérage de règles simples d’assainissement de l’économie de marché. Par exemple, distinguer le « capital exploité » de la « capitalisation boursière » fait sortir d’un non-dit favorable à l’étouffement du rendement par la plus-value. Ainsi et par d’autres dénis, au moyen de concurrences en trompe-l’œil, le manque d’emplois progresse cependant que l’aptitude collective à l’évitement de crises financières régresse. L’enjeu n’a rien de bénin.