Politique économique
Orientations majeures

Libérer la société civile

14. Poursuivre jusqu’à son terme la désétatisation des fournitures commerçables de sécurités économiques.

1. Les secours économiques sont une chose, les sécurités économiques en sont une autre. C’est la manière de les fournir qui les distingue.

Les secours économiques sont fournis par des transferts de pouvoir d’achat et parfois d’autres droits. Les sécurités économiques sont fournies, principalement ou complètement, par des échanges de primes ou de cotisations contre des prestations, en ayant alors toujours recours à la mutualisation actuarielle. [1]

2. Un instrument de résistance à la privatisation complète des fournitures de sécurités économiques est l’adjectif « social ». L’affaire est loin de n’être qu’une manière de dire.

Aussi bien en théorie qu’en pratique, l’art de faire société est plus clair quand il est admis que n’importe quelle sécurité économique n’est en réalité ni plus ni moins sociale que l’ensemble des échanges économiques. Semblablement, n’importe quel secours économique n’est ni plus ni moins social que beaucoup d’autres transferts, dont ceux opérés, entre autres, par un système de retraite à la carte avec neutralité actuarielle. En économie de marché, le secteur public n’a évidemment pas l’exclusivité des services rendus au public et à la société.

3. Pour mieux assurer la fourniture de soins médicaux et de logements à loyers modérés, il faut du capital. De même, pour mieux assurer la fourniture de sécurités économiques, il faut du capital, faute de quoi l’autonomie de cette fourniture se révèle impossible à établir puis à pérenniser.

Plus précisément, il faut du capital social. Encore plus précisément, c’est du capital social par actions restituables qui, en matière de sécurités économiques, d’accès des moins fortunés au logement confortable et d’autres commodités vitales, fait le mieux l’affaire car il procure une propriété collective.

4. Privatiser de cette façon les sécurisations économiques rendues obligatoires par le législateur contribue à l’assainissement de la pratique des échanges et des transferts économiques. C’est à cause de ce que la complète mise en œuvre de cette réforme exige d’une part, et rend plus facile d’autre part.

● Elle exige notamment d’instaurer, sur le financement et la rentabilité des entreprises, trois publicités et deux séries d’analyse statistique ; de désagréger et bloquer les concentrations qui font obstacle à l’égalisation des rentabilités de même appartenance ; d’abroger la fiction des cotisations patronales ; de ramener les retraites par transfert à un système unique par points.

● Elle rend plus facile de lier la croissance premièrement aux placements directs en capital social, deuxièmement au prélèvement public soumis de commun accord à deux règles.

● Elle réduit l’étendue des pouvoirs de la haute finance tant privée que publique et la vulnérabilité aux crises d’origine financière.


[1] Mutualisation actuarielle : répartition d’un coût probable évalué au moyen de tables de probabilités établies par des actuaires.