Politique économique
Orientations majeures

Libérer la société civile

Il n’y a pas que la puissance publique qui soit en mesure de corseter un pays. Outre que bien des traditions ont le même pouvoir, certaines modernisations, réelles ou prétendues, l’ont aussi. En économie, la priorité donnée au capitalisme de plus-value sur le capitalisme de rendement n’a pas pour seul effet nocif d’étendre l’addiction à la finance de casino. Elle conduit à ne pas, ou ne plus, voir que les actions restituables sont de bons instruments d’économie de marché et de liberté politique, notamment afin que deux possibilités ne restent pas reléguées dans le fourre-tout des impossibilités :

1) Ouvrir les privatisations à des sociétés par actions restituables.
2) Poursuivre jusqu’à son terme la désétatisation des fournitures commerçables de sécurités économiques.

La seconde de ces possibilités n’est acceptable par l’opinion publique que si l’ouverture de privatisations à des sociétés par actions restituables a été expérimentée avec succès dans des fournitures dont la population préfère qu’elles soient tenues à l’écart des tentations et des dérives du capitalisme de plus-value.

Qu’adviendrait-il si au lieu de parler de sécurité sociale aussi souvent qu’il nous a été inculqué de le faire, l’usage se répandait d’être plus réaliste en parlant de sécurité économique ? Les démystifications que ce changement obligerait à fournir contribuerait à faire comprendre et aimer la version de l’économie de marché qui maximise le bien commun.

Une Europe qui aurait cette version dans les valeurs qui la cimentent tournerait le dos à la mondialisation ploutocratique. Sa prospérité et son rayonnement en seraient accrus, et non diminués comme la pensée néolibérale et bien des vulgates hétérodoxes inclinent à le prédire.