Politique économique
Orientations majeures

Renouer avec l'essentiel

Une nation noue avec ce qu’il y a de plus constamment nécessaire et salubre en économie en appliquant cinq préceptes :

1) Lier premièrement la croissance aux placements directs en nouveau capital social.
2) Lier deuxièmement la croissance au prélèvement public, soumis d’un commun accord à deux règles.
3) Faire varier le poids des investissements publics en fonction de la conjoncture.
4) Tenir le plus important résultat budgétaire chroniquement excédentaire.
5) Ne plus lier la croissance et la compétitivité à la précarisation de l’emploi et à la baisse du coût du travail.

La primauté donnée à ces préceptes est constitutive d’une rigueur. Une nation qui, pour quelques raisons que ce soit, ne parvient pas à s’y plier se condamne aux accumulations de tactiques disparates et d’expédients corrupteurs faisant fonction de politique économique. Cette dernière ne tend à être ce qui, en cet art, est susceptible de devenir positivement et durablement apprécié par l’opinion publique que si trois préférences qui se complètent la détermine : la préférence pour l’intérêt général au détriment d’intérêts catégoriels, la préférence pour l’essentiel au détriment de l’accessoire, la préférence pour le structurel au détriment de l’éphémère et du sensationnel.

Les aspirations à davantage d’équité économique sans effort assez soutenu de rigueur conceptuelle et de vigueur politique poussent vers les puits sans fonds du toujours plus de compassion qui ne remédie pas aux causes à réduire.

Toujours l’austérité faste, en administration économique de tout niveau, consiste pour beaucoup à refuser de faire ou de continuer à faire. Mais le caractère faste ou néfaste d’un refus ou d’une acceptation n’est que relatif à l’un au moins des préceptes constitutifs de la politique à laquelle on se tient. La carence d’un pouvoir qui se constate trop peu « pédagogique » est celle de sa politique. Et le point zéro de la défense convaincante d’une ligne de conduite gouvernementale est : il n’y en a pas d’autre possible.

Que prépare un candidat à son élection ou à sa nomination à une haute fonction lorsqu’il bat campagne les bras chargés d’intentions, mais l’esprit vague et souvent incohérent sur les principes qui le piloteront une fois élu ou nommé ? Il réduit son aptitude à faire prévaloir l’intérêt général sur l’intérêt particulier, dont le sien. Il lamine ce que sera son autorité.

D’un corps électoral, peu ou mal formé au discernement de l’intérêt général dans le dédale bourré d’effets pervers de l’économie, sort inévitablement un corps d’élus à son image. Les responsabilités politiques des corps enseignants sont considérables.

Mieux administrer, ou comme on voudra mieux gérer, de même que mieux former, sans recourir à des dénominations plus rigoureuses et à des règles plus vigoureuses, atteint vite ses limites. Assez travaillée pour que sa doctrine de base soit composée de propositions premières de science économique et d’orientations majeures de politique économique, l’économie politique objective, ou économie objective tout court, est un gisement où puiser de la rigueur et de vigueur. Qu’entendent préserver les plus enclins à repousser l’offre de cette exploitation ?