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Quatre astreintes scientifiques

Logique des ensembles définissables

La logique des ensembles finis repose sur les spécifications axiomatiques de chacune des deux définitions possibles de n’importe quel ensemble de cette sorte :

● « en extension » par une énumération exhaustive des éléments de l’ensemble considéré,

● « en compréhension » par un énoncé d’une propriété commune à ces éléments et à eux seuls.

Définir strictement exclut définitivement

Accrocher la théorie économique à cette logique astreint en premier lieu à l’acceptation d’une définition en compréhension de l’objet étudié — une délimitation par ce qui est commun aux actes et aux instruments dits par convention « économiques » et à eux seuls ; une délimitation, donc des exclusions.

Poursuivre dans cette voie astreint en deuxième lieu à quadriller le champ étudié de définitions, elles aussi en compréhension, des sous-ensembles d’actes et d’instruments à examiner. Ce labeur de séparation de l’essentiel atemporel d’avec l’auxiliaire et le circonstanciel n’est cependant assez poussé qu’en le soumettant à deux autres astreintes.

Sélection et validation

La loi de Pareto dite des 20/80 — un petit nombre de causes fait en ces matières comme en bien d’autres le plus gros de l’effet — doit en troisième lieu être constamment prise en compte, faute de quoi les arbres cachent la forêt.

Le plein respect des verdicts de l’expérimentation in vivo, à grande échelle et au long cours, s’impose en quatrième lieu à la validation des vérités économiques les plus déterminantes de la prospérité générale ainsi que, cela ne sera jamais accessoire, des répartitions des revenus et des patrimoines économiques.

Un acquis et un refus aident beaucoup à soumettre la pensée économique à ces astreintes.

Fondements conceptuels de la comptabilité

L’acquis est celui des fondements conceptuels de la comptabilité en partie double. La distinction entre comptes de stock (bilan) et de flux (produits et charges) est foncièrement objective. Elle implique logiquement d’autres distinctions, dont deux sont particulièrement importantes à des fins tant pratiques que théoriques : la distinction entre les stocks qui sont de financement (passif) et d’investissement (actif), la distinction entre les dépenses qui à proprement parler sont ou bien des charges ou bien des investissements.

L’économie peut faire l’objet d’une science exacte

Le refus qui aide aussi beaucoup à se plier aux rigueurs méthodologiques de l’économie définie est celui d’une réponse systématiquement négative, à la question : l’économie peut-elle faire l’objet d’une science exacte ? Répondre par l’affirmative n’implique pas du tout l’affirmation que n’importe quel phénomène qualifié d’économique puisse être justement décrit et prédit par cette science !

En revanche, seule l’accréditation de l’idée que l’économie puisse faire l’objet d’une science exacte, si réduit qu’en soit le champ, conduira à la reconnaissance d’un grand fait historique. La théorie économique a été scientifiquement fourvoyée. Par sa prétention à faire prévaloir sa conception de la condition humaine, son espace d’investigation a été trop étendu. Ses désinvoltures terminologiques en ont fait de la sophistique et même sur certains de ses fondamentaux (utilité marginale, notamment dans sa version néoclassique) carrément une sorte de phlogistique, ce fluide que les anciens chimistes avaient jusqu’à Lavoisier imaginé pour expliquer la combustion. Son postulat que tous les prix ont en commun davantage que d’être des valeurs d’échange économique a poussé à la faute de raisonnement appelée « pétition de principe » ; s’il en va réellement ainsi, c’est à déduire d’une enquête sur la formation des prix par catégorie d’échange économique et non pas à tenir pour démontré avant d’en avoir rapporté la preuve.