Comprendre et croire

En l’attente d’arguments d’autorité

Tant qu’une économie politique n’est pas reconnue dans les universités et les grandes écoles, les partis politiques et les syndicats, les médias et les instances internationales, même si ses analyses et ses prescriptions sont, objectivement, plus souvent justes et utiles que fausses et superflues, les faire comprendre ne suffit pas à les faire approuver. De plus et en tout temps, afficher son adhésion à une méthode et des règles qui rompent avec les plus enseignées expose à l’excommunication — au sens littéral de ce mot, aucune communauté ne peut se dispenser d’en faire usage.

Le temps passant, pour autant que les analyses et prescriptions se révèlent plus souvent justes et utiles que fausses et superflues, pour autant aussi que leur exposition continue à être travaillée publiquement, des arguments d’autorité en leur faveur ouvrent la voie de la reconnaissance par les institutions. Progressivement ou soudainement, l’époque de l’excommunication prend fin. Faire savoir suffit alors, de plus en plus, en plus communément à faire croire.

Autrement dit, la première condition est celle de la pertinence, la seconde celle de la persévérance. Tout compte fait, la plus importante est la seconde, puisque l’on trouve davantage de pertinence sur le fond et dans la forme en persévérant dans sa recherche.