Annonce du 22 février 2018   Table des brèves d'économie politique

La voie prioritaire de l’économie définie

Des réalités économiques de base sont reconnues pour ce qu’elles ont d’indispensable lorsqu’autant d’attention est portée à l’existence d’échanges marchands qu’à l’existence conjointe de transferts de termes de ces échanges. Partant de cette reconnaissance, une voie s’ouvre.

Primo, de la monnaie sert à exprimer la valeur d’échange de services et de biens ; c’est un fait. Secundo, toute marchandise – désignation générique attribuable aux services et aux biens dont la valeur d’échange est exprimée, même en cas de troc, dans une unité monétaire –  toute marchandise est échangeable contre de la monnaie ou de la marchandise ; c’est un fait. Tertio, les avoirs en monnaie et un grand nombre d’autres termes d’échange marchand sont transférables de gré ou de force ; c’est un fait. Prendre prioritairement la voie de l’économie définie consiste à placer ces trois faits au commencement logique de la science économique.

Le véritable objet de cette science serait la façon dont les hommes se comportent. Les manuels actuellement en usage ajoutent à cette opinion, qu’ils délivrent au présent de l’indicatif, une considération générale dont ils omettent souvent d’indiquer qu’elle provient de la très subjective théorie hédoniste de la valeur d’échange qu’ils propagent. Dans leurs quêtes de davantage de conforts, les hommes seraient sous l’empire de la rareté, laquelle serait le fin mot de la cherté. Cette théorisation est méthodologiquement insensée. Elle enclenche la faute de raisonnement que constitue une pétition de principe (Economie Matin du 16 février 17). À ce titre, elle est rationnellement irrecevable. Toute approche indéfinie de l’économie n’est qu’apparemment scientifique.


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Un risque qui n’est plus hypothétique

Ramener l’économie politique à ce qui n’appartient qu’à la pratique des échanges marchands et des transferts de termes de ces échanges revient à passer sur l’économie indéfinie le rasoir d’Occam. Cela ne peut que se révéler libérateur. La voie de l’économie politique strictement définie n’est pas fatalement obstruée, non plus que stérile. Rien n’interdit de faire de cette économie politique l’un des composants d’une fresque sociologique ou d’une éthique polyvalente. Et rien d’autre que des habitudes prises empêche d’exploiter cette même économie politique en évolution du Droit. Dans les chaînes de savoirs qui vont des plus englobants aux plus circonscrits, une civilisation ne renonce à rien de salubre en plaçant l’économie politique du côté des savoirs les plus circonscrits.

Ne pas s’y résoudre expose à un risque qui n’est plus hypothétique. Il se présente d’abord sous la forme d’une confirmation de l’adage « qui trop embrasse mal étreint ». Plus précisément, la solution marginaliste du problème de la cherté a de cause en conséquence creusé un « fascinant abîme entre un édifice théorique en quête de cohérence et un monde en quête de solutions et de réponses » (ce verdict a été prononcé par des économistes universitaires cités dans le passage Calamités par prétentions exorbitantes). Davantage que des intérêts, ce sont des idées qui nous mènent par le bout du nez. Notamment par le biais d’articles, parus dans les années 1950, sur ce qui allait devenir la finance moderne, c’est à partir du milieu des années 1970 des sous-produits de la théorisation économique néoclassique qui sont devenus de plus en plus utilisés sur le terrain. Il y aurait lieu de s’en féliciter si cette emprise avait manifestement contribué à rendre nos mœurs économiques et politiques plus raisonnables.

Davantage à ce propos (six pages web)